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Intellectuels et artistes contre la soumission au racisme (en Inde)


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Né en 1954, Safdar Hashmi (photo ci-contre), militant proche du Parti communiste indien, poète, dramaturge, documentariste, auteur de livres pour enfants, a créé en 1973 JANAM, acronyme hindi pour Front du théâtre populare. Les 24 pièces qu'il a eu le temps d'écrire dans sa courte vie traitaient de sujets comme la détresse des petits paysans, le chômage, la violence contre les femmes et le fanatisme religieux. Avec sa troupe, il donné plus de 4000 spectacles dans les usines, les ateliers et les rues des quartiers populaires.
Le 1er janvier 1989, un spectacle de rue qu'il donnait avec sa troupe dans les faubourgs de Delhi était attaqué par des truands pilotés par des politiciens, vraisemblablement du Parti du Congrès. Il est mort le lendemain des suites de l'agression. En réponse, des artistes, des intellectuels et des militants créèrent le collectif Sahmat.  Depuis près de 25 ans, Sahmat a été à l'origine d'expositions, de manifestations culturelles, de spectacles à travers toute l'Inde, principalement contre le communautarisme et en faveur de la laïcité, entendue ici (sous l'appellation "secularism") comme la coexistence pacifique des communautés religieuse. Sahmat a souvent tiré son inspiration du mouvement médiéval Soufi-Bakthi, mêlant des traditions islamiques et hindous portées par des poètes mystiques à travers toute l'Inde. Pratique populaire de résistance à l'orthodoxie par la recherche du contact divin sans intercession de prêtres ou d'imams, cette tradition, reprise par Sahmat, a promu la résistance à l'oppression et la collaboration entre les cultures. Ici, vous pouvez avoir une idée de l'impressionnante étendue des activités du collectif, qui ont impliqué des centaines, voire des milliers d'acteurs, d'artistes, de dramaturges, d'écrivains et d'intellectuels indiens.
Avec un parti hypernationaliste hindou au pouvoir, qui garde toujours en réserve la possibilité du pogrom anti-musulman comme dérivatif à ses difficultés à appliquer les recettes du néo-libéralisme, alors que l'année 2014 a été marquée par des affrontements intercommunautaires et des épisodes de racisme meurtrier aussi bien contre les musulmans que contre les gens originaires du Nord-Est de l'Inde, Sahmat montre aux intellos et éditocrates français que la soumission aux phobies racistes, fût-elle sous une perverse forme dépressive, n'est pas la seule voie possible devant la montée des fanatismes identitaires.
Tous les ans, au 1er janvier, pour l'anniversaire de la mort de Safdar Hashmi, le collectif organise une journée  qui rassemble certains des plus grands musiciens, intellectuels et hommes de théâtre de l'Inde. On y était, et on vous livre quelques photos.


Du folk indien, pas mal du tout

"J'aime l'arbre où toutes les sortes d'oiseaux peuvent nicher"
Comme dans toutes les grandes civilisations, quand on se réunit pour faire de la politique, en Inde, on mange (fort bien)

Deux chanteurs soufis, celui de gauche est aussi professeur d'anglais à l'université: il chante magnifiquement

Sur les tables, ni Zemmour, ni Houellbecq…

…ni Onfray, ni Proudhon.



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